L'indignation après l'excommunication d'une jeune Brésilienne
16 03 2009![]()

L'indignation après l'excommunication d'une jeune Brésilienne
L’ignominie de l’excommunication de la petite Franzina, et l’appel à la barbarie d’un archevêque brésilien. Par Patrick Le Hyaric.
« Le viol est moins grave que l’avortement ». Voilà l’ignominieuse phrase prononcée par le cardinal Giovanni Battista Re, préfet pour la congrégation des évêques au Vatican. Voilà la sentence justifiant l’excommunication d’une petite Franzina, de neuf ans, violée depuis plusieurs années, comme sa sœur aînée, handicapée, par leur beau-père. Le viol d’enfant est une blessure indélébile. Le viol est un crime. La fillette se retrouve enceinte de jumeaux. Sa maman alerte les médecins. L’équipe médicale considère que la grossesse de la fillette comporte de hauts risques, au point de mettre sa vie en danger. La législation brésilienne permet l’interruption volontaire de grossesse en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Refusant d’entendre quelque argument raisonnable que ce soit, l’archevêque de Récife, soutenu par le Vatican, qui n’a pas changé de siècle, dresse le bûcher et excommunie de l’église catholique, la fillette, sa maman et l’équipe médicale, à la veille de la journée internationale pour les droits des femmes. Le beau-père, le violeur lui, ne l’est pas ! Autrement dit, une petite fille et sa maman sont excommuniées pour le crime d’un homme. Allant au bout de sa logique ultraconservatrice, l’archevêque, Monseigneur Sobrinho, menace maintenant d’attaquer la maman en justice -ouvrez les yeux- pour… « homicide ». Le beau-père incestueux et violeur lui, reçoit la totale absolution. C’est le monde à l’envers ! C’est un appel à la barbarie ! Drôle de conception rétrograde qui bafoue les principes de la générosité chrétienne, du respect et de la dignité. L’archevêque de Récife, comme le Vatican font mal à l’humanité et ils font très mal aux valeurs et aux idéaux que portent la religion qu’ils sont censés défendre. Ils blessent profondément le combat de tous ces catholiques d’Amérique Latine, porteurs des idéaux de l’église de la théologie de la libération. Il est bien que le Président brésilien, Lula, ait vivement critiqué cette décision politique, antihumaniste, des dignitaires de l’église en « déplorant profondément en tant que chrétien et catholique qu’un évêque de l’église catholique ait un comportement aussi conservateur ». En effet, quelles que soient nos opinions, nos religions, nos philosophies, cette nouvelle décision, venant après celle de la levée de l’excommunication des évêques et des prêtres niant la Shoah, va totalement à contre sens des valeurs de l’humanité. Elle est la négation de son bien commun. Elle est à l’opposé de l’article premier de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Le droit international devrait désormais faire reconnaître partout le viol comme un crime. Un mouvement international, de tous ceux qui défendent les valeurs humanistes, qu’ils croient au ciel ou qu’ils n’y croient pas, devrait demander au Vatican de revenir sur cette décision inique d’excommunication.
Patrick Le Hyaric Directeur de l’Humanité
P.S : Pour ceux qui ignore est le plus connu des journaux progressifs de gauche de France
Publié par : Sergio De Rosemont à 20:59:06Permalien
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